Situation économique

Conjoncture nationale

• Chute brutale de la croissance économique en 2020 (estimée à -8,8%) en relation avec les retombées de la pandémie de la COVID-19.
• Creusement du solde budgétaire à -7,1 milliards de dinars, à fin novembre 2020, contre -3,7 milliards une année auparavant.
• Réduction du déficit courant à -7,5 milliards de dinars (ou 6,8% du PIB) à fin 2020, contre -9,7 milliards (et 8,5% du PIB) en 2019.
• Les réserves en devises se sont élevées, à fin janvier 2021, à 8.318 MUSD (ou 158 jours d’importation), en baisse de -2,7% par rapport à fin 2020 (8.545 MUSD ou 162 jours d’importation).
• Poursuite du renforcement du rythme de progression des crédits à l’économie en décembre 2020 (+6,9% en G.A contre +6,6% en novembre 2020 et +3,7% en décembre 2019).
 
L’activité économique nationale a été marquée, durant l’année 2020, par une récession sans précédent en relation avec les retombées de la pandémie de la COVID-19. La croissance du PIB, exprimé aux prix constants de 2010, s’est,
Contractée a -8,8%.
Cette chute a été tirée, principalement, par la contreperformance du secteur agricole, des secteurs minier, chimique et de raffinage de pétrole, ainsi que de certains secteurs extravertis, à savoir, le tourisme, le transport et les industries du textile, habillement et cuir.
L’analyse de la croissance par secteur d’activitémontre que la baisse de la VA a été quasi-généralisée entre les principaux secteurs, à l’exception du secteur agricole. En effet, le secteur de l’agriculture et de la pêche a affiché une bonne performance, en 2020, attribuable, notamment, à la hausse de la production arboricole, principalement des oliviers et des palmiers dattiers. La récolte des olives à huile a été exceptionnelle durant la saison 2019/2020 avec une hausse de +185,7% par rapport à la campagne précédente. De même, la récolte record des dattes a contribué positivement à la VA agricole, avec une production de 332 mille tonnes pour la saison 2019/2020, contre 288 mille tonnes la saison précédente.
 La contribution du secteur agricole au PIB global aurait été plus importante n’eut été la baisse de production céréalière, en 2020, par rapport à la campagne 2018/2019 soit 15,3 millions de quintaux contre 23,8 millions de quintaux.
Du côté du secteur des industries manufacturières, la VA aurait contribué négativement à la croissance du PIB en 2020, en relation, notamment, avec la dégradation de l’activité dans les principales branches exportatrices, à savoir, les industries mécaniques et électriques (IME) et celles du textile, habillement et cuir (THC), à laquelle s’ajouterait la contraction de l’activité au niveau des industries chimiques et celles des matériaux de construction, céramique et verre.
Les volumes des exportations des dits secteurs ont chuté respectivement de -16,5% et -15,9% sur l’ensemble de l’année 2020
Également, l’activité des industries chimiques aurait tiré vers le bas la croissance de 2020, suite à la chute de la production de phosphate et aux fortes perturbations de transport de phosphate brut vers les usines du groupe chimique au cours du second semestre de l’année, en raison de la multiplication des sit-in. Comparativement à l’année précédente, le transport ferroviaire du phosphate brut a baissé de -37% en 2020 (contre +4,2% en 2019).
Pour le secteur des industries non manufacturières, la VA aurait connu un repli en
2020, en relation avec la persistance des difficultés au niveau des bassins miniers et des sites pétroliers et la chute de l’activité du secteur « bâtiment et génie civil ». Concernant l’activité minière, la production de phosphate s’est repliée de -15,8% en 2020 pour s’établir à 3.144 mille tonnes contre 3.734,6 mille tonnes en 2019. Par ailleurs, le volume des exportations de la branche « Mines, Phosphates et Dérivés » a baissé de -25,1% en 2020 par rapport à l’année précédente.
Quant au secteur énergétique, la tendance baissière de la production du pétrole brut s’est poursuivie en 2020, en relation avec l’arrêt de la production dans certains champs pétroliers induit par les mouvements sociaux à Tataouine (El-Kamour) et la récurrence de pannes techniques au niveau de quelques sites de production à l’instar de Nawara. D’ailleurs, sur l’ensemble de l’année 2020, la production nationale du pétrole brut a accusé une baisse de -8,7% comparativement à l’année précédente. En revanche, la production nationale du gaz naturel s’est légèrement accrue par rapport à 2019, soit +3,8% en 2020, contre -10,1% en 2019
Les indicateurs du tourisme et du transport aérien ont affiché une nette détérioration en 2020 avec des taux de variation de -82,1% pour les entrées des non-résidents, de
-81,1% pour le nombre de nuitées hôtelières, de -75,3% pour le nombre de passagers aériens et -66% pour le nombre de vols aériens et ce, comparativement à l’année précédente.
L’encours de la dette publique s’est établi, au terme des onze premiers de 2020, à un niveau record de 91,8 milliards de dinars, en hausse de 11,2% (ou +9.218 MDT) par rapport à son niveau de fin 2019. Ce niveau d’endettement élevé trouve son origine dans la hausse importante de l’encours de la dette intérieure, qui a franchi la barre de 31 milliards de dinars, contre 10 milliards en 2010.
 
 
Le commerce Extérieur
Les résultats des échanges commerciaux de la Tunisie avec l’extérieur aux prix courants durant le mois de décembre 2020 montrent que les exportations ont augmenté de (+8,1%) sur un an (- 0,8% en novembre). Ils ont atteint le niveau de 3755,5 MD contre 3475,4 MD en décembre 2019. Cette hausse est expliquée d’une part par l’augmentation observée au niveau du secteur de l’énergie (+106,2%), du secteur des industries mécaniques et électriques de (+14,4%), du secteur textile, habillement et cuirs de (+5,2%) et d’autre part par la baisse enregistrée dans le secteur des mines, phosphates et dérivés de (-44,5%) et le secteur de l’agriculture et des industries agroalimentaires (-6,9%). La répartition par pays dénote des hausses de nos ventes de biens vers certains partenaires européens, essentiellement la France (+5%), l’Italie (+24,1%), l’Espagne (+19,2%) et l’Allemagne (+20%). En revanche nos ventes diminuent avec certains pays arabes tels que la Libye (-33,7%), l’Algérie de (-27,7%) et l’Egypte (-17,6%).
Les importations ont enregistré une baisse de (-4,7%) par rapport au même mois de l’année 2019 (-8,8% en novembre). En valeur ils ont atteint 4846,7 MD contre 5087,2 MD en décembre 2019. Cette baisse est due essentiellement à la régression observée au niveau de nos achats de produits énergétiques (- 58%) et de biens d’équipement (-18,3%). D’autre part nos importations de produits miniers et phosphatés ont augmenté de (+28,6%) et celles des matières premières et demi produits de (+12,9%) et des biens de consommation de (+7,5%). Selon la répartition géographique, la baisse des importations est due essentiellement à la diminution de nos achats chez nos premiers partenaires européens, tels que la France (-8,6%) et l’Italie (-2,4%). La même évolution est observée avec la Libye (-88,6%), l’Algérie (- 58%) et l’Egypte (-58,2%).
 
 
Durant l’année 2020, les exportations ont enregistré une baisse de (-11,7%) contre une hausse de (+7%) durant l’année 2019. Elles ont atteint le niveau de 38705,9 MD contre 43855,4 MD en 2019. De même, les importations ont enregistré une baisse de (-18,7%) contre une hausse de (+5,5%) durant l’année 2019. En valeur les importations ont atteint 51463,7 MD contre 63291,6 MD en 2019.
 
Suite à cette évolution des échanges caractérisée par une baisse plus forte au niveau des importations (-18,7%) que pour les exportations (-11,7%) le déficit commercial s’est réduit de 6678,4 MD pour s’établir à un niveau de -12757,8 MD contre -19436,2 MD en 2019.
Le taux de couverture a gagné 5,9 points par rapport à l’année 2019 pour s’établir à 75,2% contre 69,3% en 2019.
 
La répartition des échanges par régime montre que les exportations sous le régime offshore ont enregistré une baisse de (-14,3%) contre (+9,4%) durant l’année 2019. Les importations ont enregistré sous ce régime une baisse de (-18,5%) contre (+5,9%) en 2019. Sous le régime général, les exportations ont enregistré une baisse de l’ordre de (-4,2%) contre (+0,4%) durant l’année 2019. De même, les importations enregistrent une baisse de (-18,8%) contre (+5,3%) en 2019.
Le repli observé au niveau des exportations (-11,7%) durant l’année 2020 concerne plusieurs secteurs. En effet, le secteur des textiles, habillement et cuirs s’est contracté de (-13,8%), celui des industries mécaniques et électriques de (-14%), celui de l’énergie de (-9,4%) et celui des mines, phosphates et dérivés de (-24,4%). En revanche, le secteur de l’agriculture et des industries agro-alimentaires a enregistré une hausse de (+12%), suite à l’augmentation de nos ventes d’huiles d'olives (2299,7 MD contre 1386,9 MD).
La baisse des importations de (-18,7%) est due à la baisse enregistrée au niveau des importations des biens d’équipement de (-24,6%), des matières premières et demi produits de (-14,5%), des biens de consommation de (-13,8%) et de l’énergie (- 37,2%) sous l’effet de la diminution de nos achats des produits raffinés (3376,6 MD contre 6416,2 MD) et de gaz naturel (2129,1 MD contre 3691,6 MD).
Les exportations tunisiennes vers l’union européenne (74,2% du total des exportations) se sont contractées de (-11,3%). Cette évolution est expliquée d’une part, par la baisse de nos exportations vers certains partenaires européens, tels que la France (- 20,8%), l’Allemagne (-15,2%) et l’Italie (- 8%), d’autre part par la hausse de nos ventes vers d’autres pays notamment l’Espagne (+37,2%) et la Belgique (+4,3%). En destination des pays arabes, les exportations ont diminué avec l’Algérie (- 28,8%), la Libye (-20,5%) et l’Egypte (- 13,4%).
Pour ce qui est des importations, les échanges commerciaux des biens avec l’union européenne (49,9% du total des importations) ont enregistré une baisse de (-21,4%) pour s’établir à 25671,8 MD. Les importations ont diminué, en provenance de la France (-26,6%), de l’Italie (-25%) et de l’Allemagne (-16,8%).
DEFICIT COMMERCIAL
Le solde de la balance commerciale est déficitaire de 12757,8 MD. Il demeure expliqué en grande partie par le déficit enregistré avec certains pays, tels que la Chine (-5393,8 MD), la Turquie (-2140,6 MD), l’Algérie (-1719,5 MD), la Russie (-1007,1 MD) et l’Italie (-798,4 MD). En revanche, le solde des échanges de marchandises a enregistré un excédent avec d’autres pays principalement avec la France (3515,9 MD), l’Allemagne (1217 MD) et la Libye (1096,3 MD).
Inflation
Le taux d’inflation en décembre 2020 se stabilise à 4,9%. Depuis le début de l’année, l’inflation a connu une tendance baissière allant de 5,9% en janvier 2020 à 5,8% au mois de février, suivi d’un rebond transitoire à 6,3% durant les mois du confinement sanitaire en raison de la pandémie du Covid-19, puis un reflux progressif pour marquer un premier palier à 5,4% d’août à octobre puis un second palier à 4,9% en novembre et décembre. En moyenne annuelle l’inflation s’établit à 5,6% contre 6,7% en 2019 et 7,3% en 2018.
 
Evolution des indicateurs macroéconomiques (en %)
 
 
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
Taux de croissance
3
-1,9
3,9
2,4
2,3
1,1
1,0%
1,9
2,6
1,1
-8,8%
Taux d'inflation
4,4
3,5
5,1
5,8
4,9
4,5
4,2%
6,9
7,3
6,1
5,6%
Taux de chômage
13
18,9
16,7
15,3
15,2
15,4
15,5%
15,5
15,5
15,1
17%
Taux d'investissement (%PIB)
24,6
21,9
22,2
20,2
19
18,3
19,9
20,1
18,5
18,1
 
Taux d'épargne (%RNDB)
20,8
15,8
17,1
15,2
14,9
11,6
11,4
11,8
9,5
8,5
 
Déficit budgétaire (%PIB)
1
3,3
5,5
6,8
4,9
4,8
6%
6,1
4,9
3,5
3%
Déficit courant (%PIB)
4,7
7,4
8,2
8,3
8,9
8,8
8,9%
10,3
11,2
7,6
6,8%
Taux d'endettement extérieur (%RNDB)
37,3
 
39,2
 
40,2
 
40,9
 
43,4
 
45,1
 
54,89
69,7
77,1
72,7
 
Taux d'endettement public (%PIB)
40,7
 
 
44,5
 
 
44,5
 
 
45,7
 
 
49,4
 
 
53,4
 
 
61,9%
69,7
71,9
66
75,1%
Source : INS & BCT
 
Les investissements directs étrangers-IDE
 
Au cours de l’année 2020, les investissements directs étrangers A la fin de l’année 2020 ont atteint le montant de 1.834,4 MTND. Comparés aux deux dernières années, ces investissements ont enregistré des baisses de -26% par rapport à 2019 et de -33,1% par rapport à 2018.
 
 
Les investissements de portefeuille, ont enregistré une baisse de 69,5% par rapport à l'année précédente.
Les investissements dans les énergies ont enregistré une baisse de 31,8% par rapport à l'année précédente.
Les investissements agricoles, ont enregistré une baisse de 3,6% par rapport à 2019.
Les IDE sont répartis à hauteur de 33,8% pour les énergies, 56,0% pour les industries manufacturières, 9,2% pour les services et 1,0% pour l’agriculture.
 
 
 
Le flux des IDE hors énergie enregistré au cours de l’année 2020 a permis de réaliser 517 opérations d’investissement d’une valeur totale de 1.213,8 MTND permettant de créer 9.630 nouveaux postes d’emplois.
Parmi ces projets d’investissement :
76 (15%) sont relatifs à des projets de création d’une valeur de 66,1 MTND (5%) permettant de créer 1 973 (20%) nouveaux postes d’emplois, et
441 (85%) sont relatifs à des projets d’extension d’une valeur de 1.147,7 MTND (95%) ayant permis de créer 7.657 (80%) nouveaux postes d’emplois.
 
La ventilation sectorielle des flux entrants d’IDE dans les industries manufacturières permet de constater que 55,8% de ces investissements sont orientés vers les industries mécaniques électriques et électroniques (572,9MDT).
La répartition régionale confirme la grande disparité. En effet plus de 46% des IDE sont concentrés dans les régions du Grand Tunis (568,0 MTND), principalement le gouvernorat de Tunis avec 212,6 MTND et la région du Nord-Est avec plus de 23% des IDE (279,5 MTND).
La répartition par pays du flux entrants d’IDE, place la France en première position avec 462,4 MTND soit plus de 38% du total des IDE hors énergie. L’Italie est en deuxième position avec 164,0 MTND, le Luxembourg troisième avec 107,6 MTND, l’Allemagne quatrième avec 104,5MTND et le Royaume-Uni en cinquième position au classement par IDE avec 87,4MTND.
 
En termes de nombre de création d’emplois, la France, l’Italie et l’Allemagne, sont classés respectivement 1er, 2ème et 3èms pays créateurs d’emplois,
En termes de nombre de projets (opérations d’investissement), la France, l’Italie et l’Allemagne, sont classés respectivement 1er, 2ème et 3ème pays créateurs de projets,
Ainsi, la France, l’Allemagne et l’Italie conservent leur statut de partenaire stratégique de la Tunisie.
 
 
 
Service de la dette (en Millions de TND)
Année
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
 
 
Ecart 2020/2019
MTND
3.269
3.737
4.075
3.448,1
2.846
3.107
5.198,3
7.003,9
7 841
9874
11800
 
+12%
                Source : BCT
 
1.     Inflation
 Evolution du taux d’inflation
    Année
2011
     2012
    2013
   2014
   2015
      2016
    2017
2018
2019
2020
%
3,5
5,6
6,1
5
4,8
4,2
6,4
 
7,3
 
6,1
5,6

                        Source : INS

 

 

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