Pratiques d'affaires du pays
S'implanter

 

La Tunisie se caractérise positivement par une panoplie de facteurs différents (géographie, politique, sociale, économique, réglementaire, administratif…) mais complémentaires qui ont fait de ce pays un site attractif pour l' investissement étranger.

 Le cadre de l'investissement

Loi 93-120 du 27/12/1993 relative au Code des Investissements

Ce Code  consolide l'ouverture de l'économie tunisienne sur l'extérieur et consacre la liberté d’investir dans tous les secteurs d'activité à l'exception des mines, de l'énergie, du secteur financier et du commerce intérieur régis par des lois spécifiques.

Liberté d'investir dans la plupart des secteurs : l'investissement se réalise généralement sur simple déclaration et remise d'une attestation délivrée par les services des ministères concernés.

 Les ressortissants étrangers, qu'ils soient résidents ou non résidents, ne sont pas tenus d'avoir des partenaires locaux. Ils peuvent détenir, sans autorisation préalable, jusqu'à 100% du capital d'un projet dans :

 les industries manufacturières
 les services totalement exportateurs
 les services liés à l'industrie (études, ingénierie, maintenance…)

 Les investisseurs étrangers doivent disposer d'une autorisation pour :

 les activités de commerce intérieur
 certaines activités de services orientées vers le marché local lorsque la participation étrangère dépasse 50%

 Les investisseurs étrangers dans le secteur agricole, peuvent détenir jusqu 'à 66% du capital de la société.
L'exploitation de la terre agricole peut faire l'objet d'un bail à long terme. La durée du bail peut atteindre 40 ans pour les terres domaniales et 30 ans pour les terres privées.

 L'acquisition d'actions d'entreprises tunisiennes en activité se fait sans autorisation si elle ne dépasse pas 50% du capital.

Régime des entreprises totalement exportatrices

Les entreprises totalement exportatrices sont exonérées d’impôts sur les sociétés (IS) pendant les dix premières années activité.

A compter de la 11 ème  année et pendant toute la durée de la société, elles ne paient que  50% de l’IS.

Ces entreprises sont exonérées de la  T.V.A. (Taxe sur la Valeur Ajoutée) pour les achats  effectués localement, pour les biens et le matériel nécessaires à la réalisation et la gestion de l’entreprise, ainsi que de l’exonération des droits et des charges de douane sur les équipements, les matières premières et les matériaux importés nécessaires à leur activité

Vente sur le marché local

Ces entreprises du secteur de l’agriculture et de la pêche peuvent vendre sur le marché local jusqu’à 30% de leur production.

Les unités industrielles peuvent, dans le respect des formalités du commerce extérieur, vendre en Tunisie une partie de leur production jusqu’à 30% du chiffre d’affaires. 

 Primes à l'investissement

Des subventions sont accordées pour la réalisation des certains  projets.

 Prise en charge par l'Etat des cotisations sociales

 Prise en charge totale ou partielle par l'Etat des cotisations patronales selon certaines conditions

 Prise en charge de certaines dépenses d'infrastructure

Possibilité de prise en charge totale ou partielle par l'Etat de certaines dépenses d'infrastructure

 Cadres étrangers

 Emploi

Les entreprises totalement exportatrices ont la possibilité d’engager librement, au moyen de déclaration; jusqu’à quatre cadres de direction ou chefs de service de nationalité étrangère.

Une autorisation du Ministère de la Formation Professionnelle et de l’Emploi est exigé si le nombre dépasse 4 personnes.

Transfert à titre d'économies sur salaires

Les coopérants et les salariés de nationalités étrangères exerçant en Tunisie à titre contractuel, peuvent transférer leurs économies sur salaires.

Transfert des bénéfices

La société dont le capital est détenu partiellement, ou totalement, par des non-résidents et dont le siège social est en Tunisie, peut décider librement de :

 distribuer les bénéfices, dividendes, tantièmes et rémunérations des parts bénéficiaires. Le transfert à ce titre revenant aux bénéficiaires non-résidents se fait par un "Intermédiaire Agréé".
 incorporer ses réserves au capital

Les bénéfices d'une succursale résidente peuvent être transférés à l'étranger par le biais d'un Intermédiaire Agréé ( loi N°93-48 du 3 mai 1993, portant refonte et codification de la législation des changes et du commerce extérieur et régissant les relations entre la Tunisie et les pays étrangers, ainsi que les décrets N° 97-385 du 14 février 1997, paru au JORT N°15 et N°97-1738 du 3 septembre 1997, paru au JORT N°73).

Un financement diversifié

 Le Fonds de Promotion et de Développement: FOPRODI
Le Foprodi a pour objet de créer une nouvelle dynamique de l'investissement dans l'industrie.
 Les lignes de crédit étrangères ( françaises, italiennes, belges, espagnoles, suisses, suédoises, américaines...).
 Possibilité de cumuler les lignes de crédits et de bénéficier des sources de crédit bancaire.

Les garanties à l'investissement

La Tunisie a adhéré à un certain nombre de conventions internationales et a conclu des accords avec plusieurs pays notamment:

 accord avec l'Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (AMGI).
 accord de protection des investissements et de non double imposition avec la plupart de pays de l'OCDE.
 convention de New York sur la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères.
 Membre du Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux investissements (CIRDI).
 Le 26 avril 1993, la Tunisie s'est dotée d'une législation sur l'arbitrage. Ce code accorde aux investisseurs étrangers des garanties multiples pour la résolution de leurs différends via la création du Centre de Conciliation & d'Arbitrage de Tunis (CCAT), en liaison avec le monde entier.
 convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle.
 convention de Berne pour la protection des oeuvres littéraires et artistiques.
 

Les investissements étrangers en Tunisie

La Tunisie accueille aujourd'hui sur son sol plus  de 2800 entreprises étrangères ou à capitaux mixtes, employant 260 000 personnes.
Les Etats de l'Union Européenne occupent la part la plus importante des entreprises créées.
Les entreprises d'origine française représentent à elles seules 41% de l'ensemble des entreprises créées (1150 entreprises).

 Principaux pays partenaires ( hors énergie)

Pays entreprises Investissements MDT Emplois
France 1150 1 145 102 000
Italie 592 943,6 46 498
Allemagne 260 325,8 33 947
Belgique 208 247 25 455

Source : FIPA

Parmi les sociétés étrangères présentes sur le sol tunisien, on trouve notamment Ericsson, Alcatel, Sony, Aventis Pharma, Valéo, Air Liquide, Groupe Partouche/Fran, Siemens, Pirelli, Benetton, Lacoste, Danone, Microsoft, Nestlé, Britsh-Gas, El Baraka, Isuzu, Carrefour...

La poursuite et l'intensification du programme de privatisation devraient être l'occasion pour les investisseurs étrangers, notamment français, de s'intéresser à plusieurs grandes entreprises publiques dans le secteur industriel permettant ainsi à certains grands noms de l'industrie française de s'implanter en Tunisie.

Opportunités d'investissement

Diverses branches sectorielles, de par l'importance de leur potentiel de production et d'écoulement, offrent des opportunités d'investissement notamment dans

 ● l'industrie agro-alimentaire
 ● l'industrie pharmaceutique
 ● l'industrie de l'emballage
 ● la plasturgie

 ● l'industrie électrique et électronique,
 ● l'industrie des composants automobiles
 ●les nouvelles technologies de l'information
 ● le tourisme

 ● l'industrie textile
 ● l'industrie du cuir et de la chaussure
 

Les formes d'implantations

L'investissement peut s'effectuer par la création d'une société, par la prise de participation au capital d'une société tunisienne, par la souscription à l'augmentation de capital d'une société existante, de la création d'une succursale ou d'un bureau de liaison, par l'acquisition de valeurs mobilières tunisiennes..

Création de la société

Afin de simplifier les procédures administratives et réduire les délais afférents à la constitution juridique d'une société, les autorités tunisiennes ont mis en place le "GUICHET UNIQUE" ou centre de formalités administratives, sis au Siège de l'Agence de Promotion de l'Industrie à Tunis, à Sousse et à Sfax.
Ce guichet unique est composé de représentants des administrations et organismes intervenant dans la constitution juridique des sociétés. Ces représentants sont habilités à accomplir ces prestations directement au sein de ce guichet.
L'investisseur peut ainsi accomplir en un seul lieu l'ensemble des démarches nécessaires à la constitution de la société qu'il envisage de créer.

Création d'une filiale en Tunisie

La filiale est une société ayant une personnalité juridique, placée sous le contrôle d'une autre société (la société mère) par le biais d'une participation. Les deux sociétés forment une unité de décision économique. L'implantation d'une filiale exerçant une activité commerciale en Tunisie nécessite l'obtention d'une carte de commerçant délivrée par le Ministère du Commerce.
La participation étrangère dans une filiale est préalablement autorisée par la Banque Centrale de Tunisie.
La création d'une filiale d'une entreprise étrangère peut revêtir l'une des formes prévues par le code de commerce (SA, SARL, SUARL..) et obéit à toutes les règles du droit tunisien en matière de sociétés commerciales.

La société conjointe

Lorsque le capital de ce type de société est détenu en majorité par des personnes physiques ou morales de nationalité tunisienne, l'obtention préalable de carte de commerçant n'est pas exigée.
En revanche la participation étrangère doit être préalablement autorisée par la BCT.
Elle est soumise au régime fiscal tunisien.

L'établissement stable

La notion d'établissement stable est précisée par l'article 4 de la Convention Tuniso- Française de non double imposition du 28 mai 1973.

D'après cet article, il y a en particulier un établissement stable en Tunisie

 1/ chaque fois qu'un chantier , des opérations temporaires de montage ou des activités de surveillance s'y exerçant, ont une durée supérieur à 6 mois

2/ ou lorsque ces activités, faisant suite à la vente d'équipements, ont une durée supérieur à 3 mois et que les frais de montage ou de surveillance dépassent 10% du prix des équipements.

L'entreprise est soumise aux impôts et taxes de droit commun.

Une déclaration d'ouverture doit être faite auprès de l'administration fiscale en vue d'obtenir un numéro d'identification fiscale.
Une autorisation d'admission temporaire de matériels destinés à être utilisés sur le chantier doit être demandée à la Direction Générale des Douanes.
L'ouverture du chantier doit être déclarée à l'Inspection du travail pour le personnel engagé localement.

Le bureau d'assistance technique ou bureau de liaison

C'est l'antenne d'une société- mère étrangère dont il est totalement dépendant.
Le bureau ne doit pas effectuer des opérations commerciales. Obligation de l'obtention de la carte de commerçant
Le bureau de liaison n'est pas soumis à l'imposition des entreprises, mais est assujetti au paiement des taxes assises sur les salaires, à l'exception des taxes de formation professionnelle.

Joint-venture

La joint-venture n'est pas couverte par un régime spécifique. Les sociétés créées en co-entreprise adoptent généralement les formes sociétires traditionnelles en les aménageant par certaines dispositions statutaires ou contractuelles.



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